Ses parents sont amateurs d'art et collectionneurs et c'est dans cet environnement culturel que Caroline s'est forgée sa sensibilité et sa culture, non pas dans les livres mais en vivant au quotidien face aux œuvres. Ils auraient aimé qu'elle suive une formation artistique aux Beaux arts, mais suite à la lecture des « Ecrits » de Malevitch, elle rejette avec conviction tout rapport à l'académisme et décide de partir en Angleterre le jour de ses dix huit ans, pour rejoindre son premier amour, musicien, chanteur, compositeur ; artiste talentueux.
Ce premier choc à Sheffield où elle va vivre dans le monde underground de la musique rock pendant une année va naturellement la guider vers Paris, capitale culturelle où elle décide de s'installer en 1987, intégrant l'Ecole Supérieure de Design Industriel, choix dicté par ses lectures et suivant ainsi les préceptes du constructivisme russe.
Alors que son activité professionnelle se développait à grande vitesse, elle décide de ne plus céder aux compromis que lui impose ce travail et en 1993, elle quitte Paris pour vivre dans le sud de la France, à Toulouse. (pur hasard)
Là, elle retrouve ses racines agraires et et commence à mettre en scène ses miroirs découpés dans la nature. L'œuvre commence à se fondre dans son sujet.
En 1997, venue pour assister à une corrida de toros à la Féria de Nîmes, une nouvelle rencontre passionnée la convainc de s'installer dans cette ville, à la lumière si violente et au climat si extrême. Très vite son travail et son talent intéressent les galeries ainsi que des particuliers.
Elle répond à de nombreuses commandes privées et publiques où son sens de l'espace et la profondeur de son œuvre accompagnent remarquablement des architectures contemporaines, venant se glisser au millimètre près dans des failles et terrains difficiles, que ce soit avec un plafond de miroirs et de verre suspendus dans le groupe scolaire de Veyrier en Suisse avec les architectes d’Ichnos, une pièce de sept mètres dans la cage d'escalier du siège social du crédit municipal à Nîmes avec C+D architecture, ou une pièce pour le Musée Eric Satie à Honfleur avec François Confino architecte.
Elle réalise aussi de nombreuses installations dans des lieux sacrés où la spiritualité de son travail se dévoile. Sa recherche d'immatérialité magnifie les lieux investis, nous donnant à voir l'invisible, comme la chapelle de la Salamandre à Nîmes, la chartreuse de Valbonne où elle investit six chapelles et deux cloîtres, la chapelle de la Persévérance ...
En 2006, de retour de Corée du Sud où elle était invitée à présenter son travail à la Galerie Shilla à Deagu, elle dessine son habitation mettant en scène une forêt de pins où elle choisit de s'installer. (suite)